Le traitement de l'eau potable et des eaux usées

drinking-waterLa CBJNQ confie aux Premières nations cries des pouvoirs en matières de gestion des ressources naturelles et de protection de l’environnement sur les terres de catégorie I. Depuis 1984, la Loi sur les Cris et les Naskapis (du Québec) précise ces pouvoirs en matière de santé et d’hygiène sur les terres de catégorie IA*. Les Premières nations cries ont dès lors assumé la gestion de l’eau potable et des eaux usées.

En 1980, une épidémie de gastro-entérite suscite des questions concernant la qualité de l’eau potable. Dans plusieurs communautés cries, a noté le CCEBJ, des firmes d’ingénieurs ont supervisé l’installation de systèmes de traitement sans assurer un suivi adéquat de l’entretien des équipements.

En 1982, un sous-comité du CCEBJ se rend à Waskaganish pour examiner le cadre de réalisation de projets d’infrastructures locales et pour identifier, s’il y a lieu, les lacunes du processus d’évaluation et d’examen. Selon le CCEBJ, ce processus devrait inclure une étude des plans et devis de construction.

Deux ans plus tard, le CCEBJ rappelle aux responsables locaux qu’il faut appliquer le processus d’évaluation et d’examen en terres de catégorie I, conformément à la CBJNQ, avant d’autoriser les projets. De son côté, le ministère de l’Environnement du Québec a amorcé, en collaboration avec l’Administration régionale crie, une inspection de la qualité des infrastructures construites. Au terme de l’inspection, le ministère a recommandé d’améliorer les systèmes de chloration de l’eau potable; le CCEBJ a appuyé cette recommandation.

En 1984, dans la foulée de l’adoption du Règlement sur l’eau potable, le CCEBJ demande au gouvernement du Québec de maintenir son engagement concernant l’analyse bactériologique et physico-chimique de l’eau potable dans les communautés cries. Le Comité a également encouragé les communautés cries à adopter des règlements locaux concernant l’eau potable et les eaux usées tout en respectant les normes en vigueur. En 2002, le Conseil de la Première nation crie d’Eastmain procède à l’adoption d’un tel règlement.

En plusieurs occasions, le CCEBJ a tenté d’assurer le relais entre les communautés cries et les gouvernements. En 1993, après la contamination de la nappe phréatique à Chisasibi, le CCEBJ invite le ministère des Affaires indiennes et du Nord (AINC) à fournir une assistance technique et des données concernant le réseau d’eau potable de cette communauté. En 2001, alors qu’on prépare l’adoption du Règlement sur la qualité de l’eau potable, le CCEBJ demande au ministère de l’Environnement du Québec de transmettre les portraits des réseaux d’eau potable des communautés cries, ceci afin de les mettre à niveau.

En 2000, le gouvernement du Québec annonce des audiences publiques concernant la gestion de l’eau. Le CCEBJ a mené la consultation, conjointement avec une commission du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), sur le Territoire de la Baie James. Après avoir rencontré quatre communautés cries, le Comité a participé à la révision de la section du rapport du BAPE touchant le territoire de la Baie James.

Au cours de cette démarche, le CCEBJ a réitéré la nécessité d’adapter les critères de consommation de poisson au contexte de la Baie James. En outre, le Comité propose la mise sur pied d’un réseau d’acquisition de données sur le milieu aquatique afin de mieux mesurer l’impact des projets hydroélectriques, forestiers ou miniers.

Gestion des eaux usées

En 1984, le gouvernement du Québec présente un projet de politique de traitement des eaux usées pour le Nord du Québec : le CCEBJ propose des modifications susceptibles d’aider la mise en œuvre de la politique à la Baie James. Le Comité a également facilité la conclusion d’un accord entre la Première nation crie de Whapmagoostui (Grande-Baleine), la Société de logement crie et le ministère de l’Environnement concernant la qualité des eaux usées d’un projet de construction domiciliaire : en attendant l’intégration des réseaux d’égouts des secteurs cri et inuit, un traitement minimal des eaux usées du nouveau projet permet leur déversement dans les égouts du secteur inuit, puis dans la baie d’Hudson.

*Les terres de catégorie 1A sont mises de côté pour les Cris et relèvent du gouvernement du Canada.

Section suivante: La gestion des matières résiduelles et dangereuses